Dehors, l'hiver, le vrai, était arrivé et les vents soufflaient la neige sur les murs occidentaux de la tour. À l'intérieur, le feu rugissant dans l'âtre constituait le seul éclairage de la pièce chaude et confortable.
Assis à la grande table de son laboratoire personnel, le Mastära du Maelström relisait pour une énième fois une missive qu'il avait reçue ce soir-là ("découverte", aurait été un terme plus approprié). Généralement, il était déçu des mots qu'il y lisait, mais comprenait mieux que quiconque les sentiments ayant mené à ces écrits. Par le passé, s'il avait eu un avenir ailleurs qu'en Svírïn, il aurait probablement écrit semblable lettre à sa mastärinna. Ou peut-être pas, car là où il avait avoué, elle avait toujours nié.
Surpris lors de la première lecture, le maître-mage éprouvait de plus en plus de fièreté à chaque lecture supplémentaire: les choix qu'il avait faits avant même d'ériger sa tour étaient visiblement judicieux. Il ne pouvait que respecter la cohérence des signataires, qui prenaient une voie différente de la sienne, mais qui le retrouveraient tout de même à destination.
Un passage cependant s'imprégnait dans son esprit à chaque lecture. Sept mots...
Sept mots qui n'étaient pas un mensonge car les signataires ne connaissaient pas les faits.
Sept mots qui l'enragèrent au plus haut point par ce qu'ils insinuaient.
Sept mots qui le firent fixer la carte du monde accrochée au mur devant lui.
Après un long moment, dans une tentative de se calmer, il s'approcha de ladite carte, couteau en main, récitant un quatrain.
Sept mots qui résonnaient toujours à son esprit lorsqu'il regardait la lame de son arme luisant d'un argentement magique plantée au sud des Territoires de l'Oubli.