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 À la recherche d'inspiration

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Dahrja Ravänskvjir



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MessageSujet: À la recherche d'inspiration   20/1/2010, 8:55 pm

Le voyage laissant tout le temps à Dahrja pour se replier dans ses pensées, elle se prenait à se perdre dans des conjectures philosophiques diverses. Son éducation n'avait laissé à peu près aucune question en plan, mais on lui avait aussi appris que les vérités n'existent pas et qu'on doit perpétuellement les chercher. C'était peut-être un peu contraire aux dogmes de la religion, mais l'elfe noire avait eu la chance d'avoir des précepteurs peu orthodoxes.

Une question lui revenait sans cesse à l'esprit.

Qu'est-ce que le mal, vraiment?

Est-ce une simple question de relativité morale, et le mal de l'un est voué à être considéré comme le bien par un autre?

Ou le mal se borne-t-il à être un simple dépassement de sa liberté aux dépends de la liberté des autres? Ou est-ce une question de dignité?

Et le mal, tel qu'elle le concevait, est-il indissolublement lié au plaisir?

Un grand poète avait écrit: La volutpé unique et suprême de l'amour gît dans la certitude de faire le mal. Et l'homme et la femme savent, de naissnce, que dans le mal se trouve toute volupté.

Ses pensées erraient en quête de réponses, ou de questions plus habilement posées.
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Rashface Klatgueul



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   21/1/2010, 12:50 am

Il n'y a ni mal ni bien. Seulement différentes façon de voir le monde.

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QUE LE GRAND GRUK TE CROQUE!!!!
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Grotof SanKlan
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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   21/1/2010, 5:15 am

j'abonde avec mon shaft... on voit mal celui qui est d'avis divergent du nôtre...

a vous d'ouvrir votre esprit, et vos yeux, pour découvrir les veritées de ce vaste monde !
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Mycarion



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   24/1/2010, 8:37 pm

Le mal, grande question à laquelle Mycarion s’est longuement questionné, sans vraiment en arriver à une conclusion définitive. Par plaisir de réflexion, nous en reprenons l’exercice. Notre nature Kopte nous impose neutralité en nos actions et objectivité en nos déductions, nous avons dès lors toujours considéré le principe du mal, tout comme celui du bien, comme une simplification de l’esprit, commandée par une morale populaire et destinée à renforcir les liens sociaux du peuple d’où elle est issue. Ainsi beaucoup, dont les disciples de Mani, associent le Bien à la lumière et le Mal aux ténèbres et leurs actions sont guidées par cette certitude. Derrière ces principes existe donc des liens étroits de l’individu envers son milieu, car la morale est d’abord sociale avant d’être intériorisée par un sujet. Et comme la morale a pour but premier de régir le bon fonctionnement d’une société, les lois de la plupart des sociétés dites civilisées, ont pour fondement de justice la morale généralement acceptée par ses membres. Pour le législatif, la relativisation du mal par l’imposition de peines à sévérité variable demeure une question d’ordre pratique. En ce sens, la morale est aussi un instrument politique.

Chaque société ayant ses us et coutumes, force est d’admettre que la morale est un phénomène culturel. Prenons l’exemple des Orcs pour qui la violence est plus valorisée que la diplomatie comme méthode de règlement des conflits – que chez les populations humaines en général, pour comprendre l’influence de la culture sur les principes moraux. L’histoire nous a enseigné qu’un orc usant d’une violence bestiale se verra davantage respecter par ses pairs que si le même geste était posé par un humain ou un elfe - où pareil geste sera qualifié de déviance aberrante. Mais autant il y distanciation morale entre les différentes races – ou peuplades, autant la similitude impose une certaine forme d’empathie entre les membres d’une même race. Dans la majorité des cas, un humain exposé à la torture de l’un de ses semblables réagira de façon plus marquée qu’exposé à la torture d’un gobelin, par exemple. Puisque si cela arrive à l’un de ses pairs, cela peut lui arriver également. C’est ce que nous entendons par empathie. Et c’est ici que le principe du Bien et du Mal prend toute sa complexité. Car dès lors qu’un sujet est conscient de la souffrance d’un autre sujet et qu’il se sait la cause de cette souffrance, peut naître en son esprit, par empathie, la certitude que son geste est inadéquat. Que certains définissent comme étant mal, à l’opposé de bien, qui consisterait non pas à infliger souffrances et tourments, mais aide et support. Or pourquoi certaines gens infligent-elles souffrances et tourments ? Pourquoi d’autres font plutôt preuves d’aide et de support ? Et pourquoi d’autres encore ne posent aucun geste et sont totalement indifférents envers le sort de leurs semblables ? Évidemment, une partie de la réponse se trouve dans l’éducation de chacun, de son milieu, des valeurs qui lui ont été inculquées tout au long de l’apprentissage qui a fait de lui ce qu’il est au moment de poser pareil geste. Mais par-dessus tout, la réponse se trouve dans la justification de son esprit pour chaque geste posé. Et c’est là tout le domaine du Bien et du Mal. Non pas tant de la justification du sujet envers son geste que dans l’appréciation de ce geste par ses semblables. Devant l’impossibilité de saisir complètement les motivations de l’autre, vient l’appréciation morale comme positionnement social de l’individu, duquel il ne tardera pas à se comparer. Ainsi le geste sera perçu comme menaçant, usuel ou enviable. Que le nombre traduira comme mal, acceptable ou bien. Et d’où naîtra une réaction de répulsion/supériorité, d’indifférence ou d’admiration/jalousie.

Le bien et le mal demeurent donc des principes hautement subjectifs, en cette dimension où la seule objectivité véritable est cette obligation de croissance qui vient avec toute condition d’existence et enchaîne tout vivant à évoluer, au risque de périr. Car il est faux de dire que ce qui ne tue pas rend plus fort. Dans toute croissance, seule la victoire confirme. De la défaite ne vient que le doute. La justification est un baume à la défaite.
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Dahrja Ravänskvjir



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   25/1/2010, 11:45 am

Merci à toi, Mycarion. Je commençais à croire que seules les grosses bêtes sans éducation avaient réfléchi à la question du bien et du mal - ça a de quoi inquiéter.

Ta dissertation est intéressante; un point a particulièrement piqué ma curiosité:

Mycarion a écrit:
Et c’est là tout le domaine du Bien et du Mal. Non pas tant de la justification du sujet envers son geste que dans l’appréciation de ce geste par ses semblables. Devant l’impossibilité de saisir complètement les motivations de l’autre, vient l’appréciation morale comme positionnement social de l’individu, duquel il ne tardera pas à se comparer. Ainsi le geste sera perçu comme menaçant, usuel ou enviable. Que le nombre traduira comme mal, acceptable ou bien. Et d’où naîtra une réaction de répulsion/supériorité, d’indifférence ou d’admiration/jalousie.

[/size]


Qu'arrive-t-il alors lorsqu'un individu fait volontairement souffrir son semblable, et qu'un tiers spectateur se voit tiraillé entre le sentiment de pitié pour la victime et le sentiment d'envie ou d'admiration envers le bourreau qui prend plaisir aux souffrances infligées?

La torture, habituellement considérée comme mauvaise puisque chacun peut se reconnaître dans l'intividu touché, devient objet d'admiration lorsqu'elle est faite par un individu charismatique. Le plaisir partagé par le bourreau et par des spectateurs enclins à la violence peut-il donc être considéré comme Bien?

Cela pourrait-il alors, à l'inverse du raisonnement, servir à définir une communauté? C'est-à-dire: (si je suis le bourreau) sont miens tous ceux qui admirent et approuvent mon infâmie, et sont mes ennemis tous ceux chez qui la compassion pour la victime fait naître pour moi un sentiment de condamnation???
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Mycarion



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   25/1/2010, 2:19 pm

Salutations Dahrja Ravanskvjir,

Ce que vous supposez comme situation est double : la position du bourreau et l’effet de fascination exercé sur une foule. Mais d’abord, est-ce mal de torturer ? Vous l’avez vous-même reconnu, le nombre considère cet acte comme mauvais. Or, plusieurs cultures, et de tous les âges, se sont glorifiées à démontrer leur supériorité par le meurtre, le viol, la torture et la suprématie militaire. Pour la victime et les proches de telles pratiques, pareils comportements sont jugés mauvais alors qu’à l’inverse, pour les bourreaux, pareilles pratiques sont jugées bonnes, car servent les intérêts de ceux qui les commettent. Là est donc le domaine du Mal ou du Bien, car subjectif. Chacun de ces groupes justifieront leurs pensées respectives par des arguments valables puisque personnels. La position du bourreau se trouve donc expliquée. Il jugera son geste adéquat puisqu’il le justifiera suivant les élans de sa pensée et/ou la pression sociale du groupe auquel il appartient. Et s’il n’arrive à le faire, il cessera sa profession rapidement.

Qu’en est-il maintenant du spectateur subjugué par le spectacle du supplicié ? Nous reconnaissons en ce questionnement une caractéristique de la race elfe noire, dont les liens entre plaisir et souffrance sont ténus. La réponse morale d’une telle fascination repose chez celui qui se questionne, car son avenue est différente pour chacun, individuelle. Celui qui se questionne sur la morale d’une telle situation est forcément partagé entre attirance et répulsion et semble hésiter entre retenue et abandon vers l’un ou l’autre de ces sentiments. Nous croyons que la morale est un obstacle à la volonté. Ainsi le sujet d’une telle dualité doit se questionner vers le but recherché et assumer l’inclinaison de son désir. Mais la clé demeure la justification, au sens où si vous parvenez à assumer votre geste sans l’encombrer d’un justificatif moral, vous arriverez à mieux comprendre la cause de cet élan qui vous tiraille. Et croître vers cette ascendance qui est la finalité de tout vivant. Ainsi, un individu en recherche d’équilibre pourrait arriver à prendre plaisir de son corps en regardant une victime se faire décapiter, sans que naisse en lui un sentiment de culpabilité. C’est de taire une telle inclinaison qui conduit à des égarements plus grands. Car de se refuser une inclinaison naturelle c’est faire naître en son esprit les spectres du remords. C’est s’empêcher d’avoir, un jour, la paix de l’esprit par le refus de son corps. Il faut boire le calice jusqu’à la lie pour un jour, ne plus avoir soif de pareil breuvage.

Et votre dernière question résume bien l’effet social de la morale. Effectivement, ceux attirés par un tel spectacle justifieront leur goût de la torture par des traits qui leurs sont propres et, inversement, rejetteront ceux qui les critiquent. Le contraire est aussi vrai et chacun en développera un sentiment d’appartenance plus fort envers son groupe respectif. Est-ce bien ou mal ? Nous avons évacué de notre esprit de telles limitations de raisonnement.
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Dahrja Ravänskvjir



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   25/1/2010, 3:40 pm

Ne vous méprenez pas, Mycarion. Je ne suis en rien torturée par un tel raisonnement, et encore moins entre le Bien et le Mal.

Vous semblez éviter une question qui me semble aller de soi, en parlant de justification du bourreau, etc. Et si le bourreau assumait son geste comme étant le Mal? S'il ne cherchait en rien à se justifier comme faisant partie de ceux qui font le Bien? Si, au contraire, la seule et unique justification de celui-ci était la conscience pure et claire de faire le Mal?

Bref, est-il possible de ne pas relativiser Bien et Mal selon une simple question de point de vue (du genre: si j'approuve une action c'est parce qu'elle est bonne; si je la désapprouve c'est parce qu'elle est mauvaise), et de plutôt considérer la volonté de faire le mal comme une attitude possible face à cette dualité?
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Grotof SanKlan
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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   25/1/2010, 4:07 pm

Dahrja Ravänskvjir a écrit:
Merci à toi, Mycarion. Je commençais à croire que seules les grosses bêtes sans éducation avaient réfléchi à la question du bien et du mal - ça a de quoi inquiéter.




je me sent visé...... et je men fout de te pensées peau roze !
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Krios



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   25/1/2010, 4:42 pm

Je préfère user du terme Vertu plutôt que bien, car il y a quelques différences appréciables. Les hommes naissent libre de pratiquer ou non la Vertu, cependant, ceux qui choisissent consciemment de ne pas le faire en pleine connaissance de cause, sont tout simplement des imbéciles. Un homme se doit d'être moralement droit. Nous définissons la droiture, la vertu, comme étant une action ou une manière de pensée contribuant à la stabilité de la civilisation. Dans cette optique, le ''mal'', ou hérésie, est une trahison envers la race humaine.

Permettez moi de citer le Liber Maleficarum, un volume issu de la collaboration de plusieurs guildes à travers le Librarium...



Citation:
I:
Les hérétiques

Qu'est-ce qu'un hérétique? Il s'agit d'un être humain pratiquant l'hérésie.
Mais qu'est-ce que l'hérésie? Pour un homme religieux, il s'agit tout
simplement de toute déviation des principes de sa religion. Dans un
contexte laïque, il s'agit de toute action ou comportement susceptible de
mettre en péril la survie de l'humanité si universalisée. L'hérétique est une
traître envers la race humaine et par ce fait renonce aux privilèges qui lui furent accordés de par sa naissance.

Sont
hérétiques ceux qui sont coupables de sorcellerie (démonologie, nécromancie,
toute magie non-innée provenant de pactes), ceux qui pratiquent des comportent
immoraux tels que le sacrifice humain et l'ablation de l'âme.



Pour ce qui est de ceux qui ne peuvent pas être considérés des humains dès le départ, nous ne nous sommes pas encore réellement penchés sur le question.

----
Pensée du jour:

Le mal n'est pas une force indépendante, il n'est que l'absence de sagesse, tel que l'est l'ombre à la lumière.

_________________
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Mycarion



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   25/1/2010, 6:23 pm

Dahrja, vous voulez parler de ces êtres habités par cette irrésistible envie de torturer, pour le simple plaisir d’infliger souffrance à plus faibles qu’eux ? De ces sadiques qui se repaissent de la détresse d’autrui et pour qui aucun remords ne vient troubler leur conscience baignée de sang et de violence ? En effet, on dit que cela est le caractère de certaines races. Peut-être pouvez-vous nous en parler ?

Grotof, c’est une peau d’ébène et non une peau rose.
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Dahrja Ravänskvjir



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   26/1/2010, 9:15 am

Vous voilà enfin, Krios. Je désespérais de vous voir donner ici votre avis, qui m'est pourtant cher.

Vous me faites sourire, quand vous parlez de la Vertu et de la sauvegarde de l'humanité. Croyez-vous tant que cette humanité mérite de vivre? Sur quels critères la jugez-vous si méritante?


Voici ce qu'un de mes précepteurs m'enseigna:

Qu'est-ce que l'homme, et quelle différence y a-t-il entre lui et les autres plantes, entre lui et tous les autres animaux de la nature ? Aucune assurément. Fortuitement placé comme eux, sur ce globe, il est né comme eux ; il se propage, croît et décroît comme eux ; il arrive comme eux à la vieillesse et tombe comme eux dans le néant après le terme que la nature assigne à chaque espèce d'animaux, en raison de la construction de ses organes. Si les rapprochements sont tellement exacts qu'il devienne absolument impossible à l'œil examinateur du philosophe d'apercevoir aucune dissemblance, il y aura donc alors tout autant de mal à tuer un animal qu'un homme, ou tout aussi peu à l'un qu'à l'autre, et dans les préjugés de notre orgueil se trouvera seulement la distance ; mais rien n'est malheureusement absurde comme les préjugés de l'orgueil. [...] Si l'éternité des êtres est impossible à la nature, leur destruction devient donc une de ses lois. Or, si les destructions lui sont tellement utiles qu'elle ne puisse absolument s'en passer, et si elle ne peut parvenir à ses créations sans puiser dans ces masses de destruction que lui prépare la mort, de ce moment l'idée d'anéantissement que nous attachons à la mort ne sera donc plus réelle ; il n'y aura plus d'anéantissement constaté ; ce que nous appelons la fin de l'animal qui a vie ne sera plus une fin réelle, mais une simple transmutation, dont est la base le mouvement perpétuel, véritable essence de la matière [...]

Ces vérités une fois admises, je demande si l'on pourra jamais avancer que la destruction soit un crime. [...] Conduits plus avant encore par la série de nos conséquences, qui naissent toutes les unes des autres, il faudra convenir enfin que, loin de nuire, à la nature, l'action que vous commettez, en variant les formes de ses différents ouvrages, est avantageuse pour elle puisque vous lui fournissez par cette action la matière première de ses reconstructions, dont le travail lui deviendrait impraticable si vous n'anéantissiez pas. Eh ! laissez-la faire, vous dit-on. Assurément, il faut la laisser faire, mais ce sont ses impulsions que suit l'homme quand il se livre à l'homicide ; c'est la nature qui le lui conseille, et l'homme qui détruit son semblable est à la nature ce que lui est la peste ou la famine, également envoyées par sa main, laquelle se sert de tous les moyens possibles pour obtenir plus tôt cette matière première de destruction, absolument essentielle à ses ouvrages.

Daignons éclairer un instant notre âme du saint flambeau de la philosophie : quelle autre voix que celle de la nature nous suggère les haines personnelles, les vengeances, les guerres, en un mot tous ces motifs de meurtres perpétuels ? Or, si elle nous les conseille, elle en a donc besoin. Comment donc pouvons-nous, d'après cela, nous supposer coupables envers elle, dès que nous ne faisons que suivre ses vues ? Mais en voilà plus qu'il ne faut pour convaincre tout lecteur éclairé qu'il est impossible que le meurtre puisse jamais outrager la nature. Est-il un crime en politique ? Osons avouer, au contraire, qu'il n'est malheureusement qu'un des plus grands ressorts de la politique. [...]

Enfin, le meurtre est-il un crime contre la société ? Qui put jamais l'imaginer raisonnablement ? Ah ! qu'importe à cette nombreuse société qu'il y ait parmi elle un membre de plus ou de moins ? Ses lois, ses mœurs, ses coutumes en seront-elles viciées ? Jamais la mort d'un individu influa-t-elle sur la masse générale ? Et après la perte de la plus grande bataille, que dis-je ? après l'extinction de la moitié du monde, de sa totalité, si l'on veut, le petit nombre d'êtres qui pourrait survivre éprouverait-il la moindre altération matérielle ? Hélas ! non. La nature entière n'en éprouverait pas davantage, et le sot orgueil de l'homme, qui croit que tout est fait pour lui, serait bien étonné, après la destruction totale de l'espèce humaine, s'il voyait que rien ne varie dans la nature et que le cours des astres n'en est seulement pas retardé.

Et en plus, je ne suis pas certaine de faire partie de ce que vous appelez humanité.

Ce précepteur nageait-il dans l'erreur? Continuez de me répondre Krios, venez vous battre sur mon territoire; je ne demande qu'à être convaincue.

---

Krios a écrit:


Pour ce qui est de ceux qui ne peuvent pas être considérés des humains dès le départ, nous ne nous sommes pas encore réellement penchés sur le question.



Ce serait peut-être le moment.

---

Mycarion, vous vous emballez. Ce n'est qu'un exemple des plus extrêmes. Et je ne sais pas si les races prédisposent à la Raison, au Bien ou au Mal. Si c'était le cas, le relativisme culturel qui détruit toute pensée constructive sur le Bien et le Mal serait à repenser en un relativisme racial, et toute action perpétrée par l'ensemble d'une race deviendrait alors le 'Bien' de cette race tout comme elle devenait le Bien d'une communauté culturelle.

Et ce relativisme épuise la question du Bien, tout comme elle épuise la question de la Vertu. Il y a sans doute quelque chose qui transcende cette différence raciale et à travers laquelle nous pouvons nous rejoindre.
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Krios



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   26/1/2010, 10:35 am

Dahrja Ravänskvjir a écrit:
Vous voilà enfin, Krios. Je désespérais de vous voir donner ici votre avis, qui m'est pourtant cher.

Vous me faites sourire, quand vous parlez de la Vertu et de la sauvegarde de l'humanité. Croyez-vous tant que cette humanité mérite de vivre? Sur quels critères la jugez-vous si méritante?


Voici ce qu'un de mes précepteurs m'enseigna:

Qu'est-ce que l'homme, et quelle différence y a-t-il entre lui et les autres plantes, entre lui et tous les autres animaux de la nature ? Aucune assurément. Fortuitement placé comme eux, sur ce globe, il est né comme eux ; il se propage, croît et décroît comme eux ; il arrive comme eux à la vieillesse et tombe comme eux dans le néant après le terme que la nature assigne à chaque espèce d'animaux, en raison de la construction de ses organes. Si les rapprochements sont tellement exacts qu'il devienne absolument impossible à l'œil examinateur du philosophe d'apercevoir aucune dissemblance, il y aura donc alors tout autant de mal à tuer un animal qu'un homme, ou tout aussi peu à l'un qu'à l'autre, et dans les préjugés de notre orgueil se trouvera seulement la distance ; mais rien n'est malheureusement absurde comme les préjugés de l'orgueil. [...] Si l'éternité des êtres est impossible à la nature, leur destruction devient donc une de ses lois. Or, si les destructions lui sont tellement utiles qu'elle ne puisse absolument s'en passer, et si elle ne peut parvenir à ses créations sans puiser dans ces masses de destruction que lui prépare la mort, de ce moment l'idée d'anéantissement que nous attachons à la mort ne sera donc plus réelle ; il n'y aura plus d'anéantissement constaté ; ce que nous appelons la fin de l'animal qui a vie ne sera plus une fin réelle, mais une simple transmutation, dont est la base le mouvement perpétuel, véritable essence de la matière [...]

Ces vérités une fois admises, je demande si l'on pourra jamais avancer que la destruction soit un crime. [...] Conduits plus avant encore par la série de nos conséquences, qui naissent toutes les unes des autres, il faudra convenir enfin que, loin de nuire, à la nature, l'action que vous commettez, en variant les formes de ses différents ouvrages, est avantageuse pour elle puisque vous lui fournissez par cette action la matière première de ses reconstructions, dont le travail lui deviendrait impraticable si vous n'anéantissiez pas. Eh ! laissez-la faire, vous dit-on. Assurément, il faut la laisser faire, mais ce sont ses impulsions que suit l'homme quand il se livre à l'homicide ; c'est la nature qui le lui conseille, et l'homme qui détruit son semblable est à la nature ce que lui est la peste ou la famine, également envoyées par sa main, laquelle se sert de tous les moyens possibles pour obtenir plus tôt cette matière première de destruction, absolument essentielle à ses ouvrages.

Daignons éclairer un instant notre âme du saint flambeau de la philosophie : quelle autre voix que celle de la nature nous suggère les haines personnelles, les vengeances, les guerres, en un mot tous ces motifs de meurtres perpétuels ? Or, si elle nous les conseille, elle en a donc besoin. Comment donc pouvons-nous, d'après cela, nous supposer coupables envers elle, dès que nous ne faisons que suivre ses vues ? Mais en voilà plus qu'il ne faut pour convaincre tout lecteur éclairé qu'il est impossible que le meurtre puisse jamais outrager la nature. Est-il un crime en politique ? Osons avouer, au contraire, qu'il n'est malheureusement qu'un des plus grands ressorts de la politique. [...]

Enfin, le meurtre est-il un crime contre la société ? Qui put jamais l'imaginer raisonnablement ? Ah ! qu'importe à cette nombreuse société qu'il y ait parmi elle un membre de plus ou de moins ? Ses lois, ses mœurs, ses coutumes en seront-elles viciées ? Jamais la mort d'un individu influa-t-elle sur la masse générale ? Et après la perte de la plus grande bataille, que dis-je ? après l'extinction de la moitié du monde, de sa totalité, si l'on veut, le petit nombre d'êtres qui pourrait survivre éprouverait-il la moindre altération matérielle ? Hélas ! non. La nature entière n'en éprouverait pas davantage, et le sot orgueil de l'homme, qui croit que tout est fait pour lui, serait bien étonné, après la destruction totale de l'espèce humaine, s'il voyait que rien ne varie dans la nature et que le cours des astres n'en est seulement pas retardé.

Et en plus, je ne suis pas certaine de faire partie de ce que vous appelez humanité.

Ce précepteur nageait-il dans l'erreur? Continuez de me répondre Krios, venez vous battre sur mon territoire; je ne demande qu'à être convaincue.

---

Krios a écrit:


Pour ce qui est de ceux qui ne peuvent pas être considérés des humains dès le départ, nous ne nous sommes pas encore réellement penchés sur le question.



Ce serait peut-être le moment.

Et ce relativisme épuise la question du Bien, tout comme elle épuise la question de la Vertu. Il y a sans doute quelque chose qui transcende cette différence raciale et à travers laquelle nous pouvons nous rejoindre.


Tout d'abord, il faut bien mettre au clair que je suis ici par intérêt et pas pour vous plaire ou répondre à vos demandes. Je ne suis pas un jouet comme vos esclaves.


Donc ;
L'humanité est généralement digne de sauvegarde car j'en fait partie et je me donne cette mission. Considérez celà comme un parti pris de par ma nature. Par contre, au niveau individuel, la vérité est bien différente. Il faut juger chaque homme, car il est excessivement facile pour celui-ci de renoncer à son statut et de rejoindre les rangs de l'Ennemi: les hérétiques, les morts-animés, les créatures maléfiques, ainsi que le démoniaque. Voyez la majorité de la noblesse actuelle de l'Empire; eux ainsi que les vassaux restés loyaux de leur pleine volonté ne sont que des pantins de l'Ennemi.

Pour ce qui est des autres races, il en est qui pratiquent ou pratiquèrent la vertu, par exemple les elfes d'autrefois. Je dis d'autrefois car leur statut est bien moins certain depuis leur décision de balbutier à l'aveugle dans le domaine de la nécromancie...

Néanmoins, il me semble que les espèces qui peuplent notre monde ont des compulsions et des traits de caractère généraux qui restreignent leur pensée, alors que seuls les humains disposent de l'éventail complèt des caractères et des émotions. D'ailleurs, lors que je demandais à des élèves de mon école de philosophie de se pencher sur la question de l'immunité des elfes au vol d'âme de Tératos, certains d'entre eux suggérètent la possibilité que les elfes n'ont en fait pas d'âme à voler. Celà expliquerait beaucoup. En quoi l'homme est-il différent des plantes et des elfes? Simplement, il est clairement capable de faire usage de raison.

Le meutre est un crime car il affaiblit la société face aux diverses menaces internes et externes qui la menacent. Rien n'est plus important qu'un corps social sain. De plus, il attise la haine... Un meutre est lorsqu'un homme tue un homme, un de ses concitoyens, en tant de paix. Il faut cependant différencier le meutre de l'homicide justifié, en temps de guerre ou autre, et de la cessation de vie d'autres races et d'hérétiques; sinon, je serais alors coupable de dizaines de meutres.

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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   26/1/2010, 11:03 am

Tiens, Krios aussi joue avec l'édition haldorfienne du scrabble.....

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Dahrja Ravänskvjir



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   26/1/2010, 11:22 am

Krios a écrit:


Tout d'abord, il faut bien mettre au clair que je suis ici par intérêt et pas pour vous plaire ou répondre à vos demandes. Je ne suis pas un jouet comme vos esclaves.



Tut tut tut... Laissez donc, je vous prie, vos vilains préjugés de côté; ce n'est pas très philosophe.

Notez que je voyage actuellement sans esclave, et vous m'avez semblé aveuglé par votre orgueil lorsque vous prétendiez que seuls les humains disposaient vératablement de la raison.

Et il semble que vous ayiez plus de sang sur vos mains que moi.

---

Vous avez donc tué. Des hommes. Sous prétexte de guerre. C'est un prétexte qui en vaut un autre.

Et sans doute y avez vous même pris plaisir, non?

N'y a-t-il pas de meilleure sensation, pour un guerrier, que de mettre à mort de ses propres mains son ennemi? Que de voir son sang se répandre?
Juste pour connaître cette jouissance, je serais tentée de faire la guerre, tiens.

Mais revenons à cette histoire de justification. Tuer pour la guerre, c'est Vertueux. C'est conforme à votre idée d'un corps social sain. Mais à vous lire, je serais tentée de croire que vous supposez que les elfes noirs tuent sans aucune raison. C'est bien faux.

Tenez, par exemple, puisque nous parlons de vécu: j'ai tué un supérieur hiérarchique parce qu'il était faible et ne méritait plus sa place. C'est ce que j'appelle un meurtre très justifié en raison de la bonne santé du corps social, non?

J'aime bien d'ailleurs votre 'en tant de guerre ou autre'.... 'autre', ça laisse beaucoup de place à l'imagination, non?
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Krios



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MessageSujet: Re: À la recherche d'inspiration   26/1/2010, 11:49 am

Permettez moi de préciser: Tuer pour une cause vertueuse est vertueux. Par exemple, dans mon peuple, il est le devoir de tout citoyen de prendre les armes quand la cité le requiert. Ainsi est-il écris dans la constitution. Nous vivons dans un monde dangereux et il faut savoir défendre ce qui nous est cher.

J'ai toujours tué pour une raison qui me semblait valable à ce moment précis. Depuis un an, ces raisons ont grandement changé, et n'incluent pas le plaisir.

Tuer son supérieur est-il un crime dans votre société? Car ce l'est clairement dans la mienne. Nous préférons user de démocratie, cependant, ainsi l'Archonte et les stratèges ne sont élus que pour une période d'un an, limitant les dégâts possibles d'un mauvais commandement.

Pour ce qui est des taches du sang sur mes mains, je préfère l'arme noble qu'est la lance et je n'ai jamais affronté d'ennemi dont le sang avait une pression suffisante pour lui permettre de jicler sur une distance de trois verges. Je n'ai pas non plus souvenir d'avoir étranglé un homme à mort, donc il se peut en fait que vous me dépassiez.

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