Une pièce noire, sans lumière autres que celles de quelques chandelles et des braises d’une forge à demie éteinte. Les planchers sont couverts de boîtes de ferraille et d’outils, et les murs de bibliothèques et de croquis. Au centre de la pièce, une table, et un homme, vêtu d’une cape noire avec capuchon, courbé au dessus de celle-ci.
Un second homme arrive dans le couloir qui mène à la pièce, portant des accoutrements semblables, mais de couleur pourpre. Il s’arrête à l’entrée. L’homme en noir, sans se retourner ni se relever, achève la pose d’un rivet, puis dit :
«J’ai demandé à ne pas être dérangé.
-Mais je ne viens que voir vos progrès, brave homme»
Reconnaissant la voix, l’homme vêtu de noir se retourne.
«Ah, c’est vous. Dans ce cas, voyez plutôt.»
L’homme en noir fait un pas vers la gauche, et découvre ainsi l’engin qui se trouve sur la table.
«…»
L’homme en rouge, la bouche ouverte, ne trouve rien à dire. L’homme en noir poursuit donc :
«Elle sera prête dans quelque jours. Il a fallu modifier le plan original. J’ai du remplacer ce composant par un levier» dit-il en pointant la pièce fautive. Puis, il ajouta:
«Ce sera vraiment une arme de terreur.
- Nous ne vivons plus dans un âge civilisé, mon ami. Ce sera
une arme de guerre. »