Vêtu d'une tunique blanche de tissu fin aux bordures dorées, Diogène fils de Pâris, chef de l'Assemblée des Hellènes, mettait les pieds dans une auberge quelconque remplie de croyants de la Vraie Foi dans un coin perdu de l'Haldorf. On pouvait lire sur les visages défaits des nombreux croisés présents, démobilisés suite à leur défaite aux invasions de leur territoire par l'Arganne, un brin d'amerture mais l'espoir que leur dieu unique les récompenserait de leur ferveur. Diogène, étranger à leur culte, suscitait la surprise la part des croisés. Bien qu'ayant combattus aux côtés des croyants lors des invasions d'Haldorf, personne ne s'attendait à ce que les Hellènes trainent encore plus longtemps dans ce coin du monde. Leurs coutumes, croyances et habitudes hellèniques avaient de quoi choquer les plus fervents et intransigeants fidèles du dieu unique. Se trouvaient aussi présents de nombreux soldats argannais venus boire leur solde et affichant un regard moqueur en direction des croisés démobilisés. Des injures étaient échangées et à tout moment la bagarre pouvait éclater. C'était définitivement un endroit bien peu sécuritaire.
Vêtu avec chic mais de façon à pouvoir défendre sa peau si cela était nécessaire, Diogène gardait en bandoulière sa fidèle épée et suivait depuis une semaine une piste. Il gardait aussi sur son dos son carquois et son arc : son arme de prédilection. Les négociations avaient été ardues mais si tout se passait bien, Diogène trouverait épouse digne de son nom et de sa lignée. Il se dirigea vers une chambre dans laquelle l'attendait un personnage travaillant dans les coulisses de la machine de guerre de la Vraie Foi. Étant donné la nature de la transaction, la rencontre ne pouvait avoir lieu à un endroit plus officiel et sécuritaire. Diogène s'adressa au personnage cagoulé en ces termes :
«Je te salue. Je suis Diogène fils de Pâris, chef de l'Assemblée des Hellènes. J'attends celle que tu m'as promise suite à la mobilisation de la Phalange Noire aux côtés du royaume de l'Haldorf lors des invasions de l'Arganne et de l'Empire. Pas de mauvais coup! Elle doit être de lignée purement hellènique et être prête à être épousée. De toute façon, en un coup d'oeil je saurai reconnaître si son héritage est pur et non mélangé avec le sang barbare. Toutefois, je te fais confiance... Lui as-tu parlé de moi? Quelle opinion se fait-elle de moi? Comment est-elle?»