Hors-jeu: Pour ceux qui me connaissent et qui ne seraient pas au courant, j'ai décidé en juillet dernier de quitter le monde de Bicolline. Vous m'y verrez peut-être à l'occasion pour une campagne ou lors d'un scénario spécial, mais Tarl ne fera plus d'apparition et je ne m'impliquerais plus dans quelques facettes que ce soit du jeu virtuel de Bicolline.
Désirant tout de même clôre mon aventure bicollinienne (de 9 ans) sur une note role-play, je vous offre le texte suivant.
Bonne continuation à tous et surtout, bon et joyeux role-play pour la prochaine année
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*La pluie déferlait sur les carreaux de son bureau. L’atmosphère était lourde d’humidité, une réalité propre à la région Hullsbourgeoise. À l’extérieur, la lumière avait depuis longtemps fait place aux ténèbres. La Cité s’était endormie depuis de longues heures, mais certaines personnes ne semblaient pas connaître les vertus du sommeil… *- Monsieur, n’oubliez pas le permis de construction pour l’univer-…
-Igor!
*Tarl fixait intensément son conseiller personnel. Son regard était dur et sans appel, mais on pouvait aussi y lire de la tristesse et de la lassitude. Igor baissa la tête, résigné.* -Je suis désolé Monsieur. Est-ce que je peux vous débarrasser de quelque chose?
*Le Bourgmestre s’accota sur le dossier de sa chaise tout en soupirant. Puis il fit un signe de la main en désignant une petite statuette de chameau en bois. *-Tout ce qui se trouve à droite de mon chameau est fait, tu peux partir avec et tout classer. Merci.
-Vous savez que nous pourrions continuer demain, Monsieur. Vous êtes fatigué et il y a tant à faire.
-Igor, on ne reviendra pas sur le sujet. Tout doit être terminé avant le levé du jour, point final. Nous avons déjà fait le trie des dossiers. Je n’en veux pas un de plus, pas un de moins. Va nous chercher quelque chose à manger tiens, ça ne nuira pas.
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Le lendemain matin… *
*Sa table de travail était jonchée d’assiettes sales, de verres à moitié vides et de cœur de pommes. Assis sur le sol, Tarl n’en avait rien à faire. Riant à gorge déployée, renversant le contenu de sa coupe, il regardait son assistant exécuter une danse ridicule en équilibre sur la chaise bourgmestrielle. Les nombreuses bouteilles vides – porto, bière, vin, hydromel – expliquaient sans nul doute l’état d’euphorie des deux lascars. Terminant sa danse, Igor s’écrasa sur la chaise en prenant une coupe au hasard*-Je… je lève mon verre! Heu… ma coupe! *Burp* Au plus grand Bourgmestre que j’ai connu!
-Tu veux dire le SEUL que tu ais connu?, dit Tarl, un sourire aux lèvres.
-Le MEILLEUR! Exactement!
-Héhé… Alors, comment on se sent… quand on s’assoit sur la chaise du Bourgmeistre mon Igor?
*Sans attendre la réponse, il se leva et se dirigea vers une fenêtre.*-Pour être honnête, c’est pas… très très heu… confortable comme chaise… Pourquoi ne l’avez-vous jamais fait capitonner d’ailleurs?
-Jamais pris le temps Igor… comme pour tant de chose… Et puis je crois que j’aimais bien garder cette vieille chaise inconfortable. Ça m’évitait de tomber trop dans la luxure. De garder la tête froide, tu comprends? Il y a tellement de nations qui sont gouvernées par des ingrats qui ont tout oubliés de la réalité de leur peuple… *burp*
*Il ouvrit les volets, laissant pénétrer une légère brise matinale. Devant lui, Hullsbourg s’éveillait tranquillement, avec les commerçants ouvrant leur échoppe et les cheminées des maisons générant davantage de fumée, signe du réveil de leurs occupants. Il but la dernière gorgée et déposa la coupe sur le rebord de la fenêtre.*-Bon… avant que je ne sois malade… merde pourquoi j’ai encore mélangé des alcools… As-tu les sept lettres?
-Oui Monsieur. Elles seront livrées d’ici les deux prochains jours.
-Excellent. Merci pour tout Igor…
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Juillet 1010
À l’attention du Conseil des Élus,
Par la présente, moi, Tarl Whitefire, désir vous annoncer mon départ du Conseil des Élus. En effet, je renonce à mon titre de Bourgmestre, ainsi que tous les privilèges et responsabilités que cela comporte.
Durant les derniers jours, j’ai tenté de mettre de l’ordre dans mes dossiers afin d’aider celui ou celle d’entre-vous qui me remplacera. Vous trouverez mon bureau en ordre et mon conseiller personnel, Igor, sera à votre disposition pour les deux prochains mois, afin d’aider à faire la transition. Il a déjà été payé, alors tâchez de l’utiliser au mieux de ses capacités.
Je sais que ma démission est pour vous une grande surprise. Je vous avouerais que je ne m’y attendais pas moi-même lors de nos dernières élections. Cependant, j’ai bien peur que le poids des responsabilités qui m’ont été attitrées au fils des années m’est prématurément vieilli l’âme. Comme quoi devenir le plus jeune Bourgmestre de l’histoire de la Cité fut peut-être davantage une malédiction qu’une chance.
Ainsi, je dois vous avouer que je ne ressens plus la même passion à exercer mes fonctions. Comme Citoyen, je n’accepterais pas une telle faiblesse de la part d’un élu, alors je ne peux pas jouer l’hypocrite et m’accrocher à mon titre. De plus, je réalise que j’ai délaissé tant de chose au courant des années. J’ai donc décidé de me retirer chez moi, à Templetown, et de réfléchir à mon avenir. Je ne crois pas que je reprendrais les affaires familiales, alors je dois penser à la suite des choses pour moi.
Je vous souhaite à tous une excellente continuation dans vos fonctions. J’espère que mon départ ne créera pas un trop grand vide et que vous serez en mesure de continuer notre rêve collectif de voir prospérer notre belle et grande Cité.
Ce fut un plaisir de travailler avec vous tous.
Tarl Whitefire
Fier citoyen
P.S. : Désolé pour l’odeur de fromage dans mon bureau.
P.P.S. : Ma réserve de porto à déjà été transférée dans mon manoir, alors n’y pensez même pas.
P.P.P.S. : Il faudrait vraiment augmenter le salaire des élus, c’est franchement pathétique.
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-Août 1010-*Après plusieurs heures de randonnés sur les terres de Templetown, il aperçu la large bande de sable qu’il recherchait. Un petit groupe d’hommes et de femmes, nu-pieds, semblait l’attendre. Il descendit de son cheval, attacha la bride à la branche d’un arbre et continua à pied. Il faisait beau. Une de ces journées où l’on préfère dormir dans un hamac, plutôt que de faire les foins. Malgré un ciel sans nuage et un soleil bien présent, le vent rafraichissait l’air et une bonne odeur d’humidité caressait les narines. *-Oui, je crois que ce sera parfait, se dit-il en souriant.
*On l’accueilli avec sourire et candeur. Ils discutèrent quelques minutes, puis on l’invita à se déchausser et à retirer ses vêtements, mais à conserver sa chainse. En sous-vêtement, mais l’âme en paix, il marcha dans l’eau salée de la mer du Sud.
Le lendemain, il se rendit chez un menuisier de la municipalité qu’il connaissait bien.*-Bejour Monsieur Whitefire. Que me vaut l’honneur? Et que faites-vous avec cette grande carte sous le bras?
-Oh, j’ai acheté cette carte de la Mer de l’Ouest pour organiser mes prochains déplacements.
-Vous allez tout de même pas tenter votre chance sur le nouveau continent tout de même?
-Non! Non! Il y a bien assez de chose à découvrir non loin d’ici, dit-il en souriant. Et je suis venu te voir pour une commande personnelle qui n’a rien à voir. J’aimerais que tu me sculptes une plaque murale, en érable, d’un mètre carré. C’est pour décorer mon manoir.
-Pas d’problème Monsieur, mais ce sera pas donné une aussi grosse pièce. Et en érable surtout. Vous voulez que je vous fasse quoi comme motif? Les armoiries de votre famille?
-Non, ce sera pour une prochaine fois. Juste de recopier ce médaillon.
*Il lui tendit un médaillon en argent soutenu par une cordelette de cuir.
Un médaillon en forme de pieuvre… *