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 Evandylion de la Trois Fois Née, la Bien Aimée Aista'Sin'Doreï

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Iardawen



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Date d'inscription: 07/04/2008

MessageSujet: Evandylion de la Trois Fois Née, la Bien Aimée Aista'Sin'Doreï   Ven 4 Mar 2011 - 0:22

AïSta Sin’Doreï

La Précurseur de la Mort



An 1008

Chapitre 1 de l’évangile de Sin’Doreï

La Vie avant la Mort


Dans la cité de Yüla vivait une elfe du nom de Sin’Doreï depuis de nombreuses années. Yüla, le Mont de Braise, située dans la région volcanique sur la Côte d'Or, fut fondée pour développer les ateliers de fonte et les forges à métaux qui servent à la transformation d'objets d'art et de guerre. Autour d’elle, les artisans et les armuriers œuvraient à la grandeur et à la protection des siens, en créant des merveilles artistiques ainsi que des lames trempées destinées à pourfendre quiconque aurait l’audace de s’attaquer aux terres sacrées d’Irendille et à ses habitants, elfiques comme animaux ou végétaux.

Et Sin’Doreï, enfant chérie d’Irendille, comme le sont tous les elfes qui naissent dans ces terres, passa les douze premières dizaines années de sa vie au milieu du souffle ardent de Yüla. Puis, elle développa rapidement, ayant eu à plusieurs reprises l’occasion de croiser des sages, et étant une elfe au tempérament solitaire même si enjouée, elle développa donc un attrait particulier pour les arts druidiques. Car il était dit que parmi les différentes races peuplant les forêts de notre monde depuis des siècles, les elfes développaient plus que quiconque une affinité particulière avec la vie les entourant. Et parmi ceux-là, Sin’Doreï était tout particulièrement en osmose avec les esprits druidiques et les éléments composant le monde du connu et de l’inconnu.

Elle resta tout d’abord dans Yüla pour apprendre aux côtés des siens tout ce qu’ils pouvaient lui apprendre sur les éléments essentiels à la vie, elle s’instruisit, voyagea dans les autres cités, de Dae Dolmed Ombre Rocher ou la pierre est reine à Ostarië la cité perchée ou l’arbre est maître, de Raca Turi le Sanctuaire ou les loups vivent avec les elfes à Oron la Colline, le clan de l’Ours. Elle passa du temps en Orë, au cœur des forêts, communia à même les arbres millénaires qui y vivaient et y grandissent encore, puis elle se rendit en Laurelin, ou les animaux et les végétaux vivent dans un chaos total. Là, après quelques années de vie seule dans ces bois sauvages elle se sut que son pèlerinage était terminé… Elle pouvait rentrer en Yüla, se retirer en ermitage au sud de sa cité natale, à la fois proche des gens qu’elle aimait et avec qui elle avait grandit enfant et retirée pour communier de la manière la plus pure possible avec les puissances d’ailleurs…

Quelques centaines d’années passèrent, la vie de Sin’Doreï était rythmée par les saisons, les méditations, sa sagesse était reconnue par ses pairs qui parfois, dans le plus grand recueillement pour respecter le choix de l’ermite, venaient en son sanctuaire sylvestre lui demander conseils ou éclaircissements, la questionner sur des rêves qui les troublaient…

Sin’Doreï avait appris la lumière et la sagesse, la force de la vie sous toutes ses formes, sa vie d’ermite ne lui permettant d’être corrompue par aucune sorte de violence ou de noire pensée.

Chapitre 2 de l’évangile de Sin’Doreï

Le passage de la Vie à La Mort


Mais cette vie calme, paisible, faite de méditations, de communion et d’amour pour la vie et la lumière, car nul autre chemin ne s’offre aux Elfes d’Irendille que celui de la sagesse et de la lumière, et s’il s’en présentait, ils ne le choisiraient pas, cette vie calme et paisible commença à se parsemer de troubles prémonitions.

En 1007, les Gardiens du Savoir quittèrent un soir notre monde en emportant avec eux leur savoir et leur puissance symbiotique qui figeait notre réalité dans le temps et l’espace.

Et en cette nuit étoilée Sin’Doreï reçut un songe lui annonçant la venue imminente des calamités sur notre monde. La transe dura trois lunes. Durant cette transe, Sin’Doreï eu les visions les plus apocalyptiques, visions que nul personne, même l’incarnation même du Mal, n’aurait pu imaginer dans ses rêves les plus fous. Se diffusaient sans discontinuer des images horribles, de braves gens pestiférés et emmenés par la maladie, de raz de marées immenses qui ravageaient toute trace de vie sur leurs passages, de hordes de morts-vivants et de créatures cauchemardesques et maléfiques qui s’étendaient telle la peste sur toutes les contrées, de cataclysmes déchirant tout sur leur passage, faisait vomir à la terre ses entrailles et annihilant tout pouvoir magique…

Sin’Doreï, elle qui tout au long de sa vie n’avait été que sagesse, pureté, lumière et bonté, au bout de ces trois lunes de transe, mourut dans d’affreuses souffrances, son corps au moins autant torturé que son âme par ces visions apocalyptiques qui la hantaient. Un dernier hurlement s’échappa de ses lèvres devenues livides et un dernier regard terrorisé elle posa sur la vie qui l’entourait, ses derniers sentiments étant le désespoir et la terreur. Et les visions qui torturèrent Sin’Doreï n’étaient pas par coïncidence apparues le soir du départ des Gardiens.

Mais les Gardiens du Savoir ne nous auront pas quittés sans nous permettre de nous protéger contre les grands bouleversements que vit Sin’Doreï dans ses rêves, bouleversements qui nous guettent. Une pluie de lumière prenant sa source là ou ils nous quittèrent et parsemant le monde de fragments de leur puissance transposa la possibilité à nous, eldars, ainsi qu'aux mortels, de contrôler notre univers.

Sin’Doreï fit partie de ceux qui furent illuminés.

Au matin, Sin’Doreï était libérée de la souffrance et embrassait ses visions, convaincue que la sauvegarde de la vie de n’effectuerai que par le contrôle de la mort. Sa foi inébranlable et stoïque lui permit de contrôler les pouvoirs transmis par les Gardiens du Savoir, faisant d’elle La Véritable Prophète de la Mort.

Elle partit alors en quête de connaissances qui lui permettraient de manier la puissance des Gardiens, cette puissance qui fut enfermée dans les parcelles d’étoiles qui scintillèrent dans la nuit le soir de leur départ.

Elle partit alors en quête d’illumination, persuadée qu’elle pourrait influencer le destin et les calamités qui menacent de s’abattre sur notre monde.

Et le pouvoir de Sin’Doreï est reliés aux mortels et immortels qui la croiront et décideront de la suivre. Les miracles dont elle est capable sont toujours plus puissants au fur et à mesure que le nombre de ses fidèles augmente.


Chapitre 3 de l’évangile de Sin’Doreï

La révélation aux Vivants


C’est ainsi que Sin’Doreï apparut aux vivants, sous forme de spectre, car vivante elle ne l’était plus. Celle qui tout au long de sa vie avait fait l’apologie de la vie et de la lumière se trouva sans vie et sans lumière au fond les yeux. Cruel est parfois le destin car si nombreux sont les vivants qui mériteraient la mort et les morts qui mériteraient la vie, Sin’Doreï ne méritait pas seulement pas la vie, elle était la Vie.

La seule lumière possible évocable pour ceux qui l’avaient vu était celle de son spectre, lumière diffuse, pâle et timide.

C’est ainsi que moi, Iardawen Eldaloth, en compagnie de Feänn Cantacala et de Weenaly Unearmë, vîmes Sin’Doreï pour la première fois. Aucun de nous trois n’avait eu l’occasion de la croiser au cours de notre vie. Nous nous rendîmes dans une immense plaine, là ou bon nombre d’êtres qui peuplent notre monde avaient décidé de se réunir afin de ne plus être passifs face à ces calamités qui s’annonçaient alors à nous par la bouche de plusieurs prophètes.

Si dans les premiers temps certains doutèrent de la véracité de ces visions, des hordes de mort-vivants qui s’abattirent sur les terres leurs firent prendre conscience que les choses avaient changé pour toujours dans notre monde et que le temps ou à la vie succédait la mort était révolu. Ironie du sort et du destin, Sin’Doreï avait vu ces morts-vivants dans ses visions et était devenue l’une d’entre eux… Ces hordes chaotiques avaient semé une telle terreur que les croyants de toutes les religions avaient cessé de croire en leurs Dieux.

Mais Sin’Doreï n’avait pas semé la terreur, et sans doute par son sang pur et sa grande sagesse, elle sut ne pas sombrer totalement dans la folie, et choisit de guider les vivants, humains comme elfes, vers une autre forme de lumière.

Le soir ou nous vîmes pour la première fois Sin’Doreï était un soir brumeux, les morts-vivants n’étaient pas loin, le ciel était rouge et rempli d’odeurs pestilencielles. Mais le temps de la délicatesse était révolu. Le temps ou les elfes n’acceptait pas de prêter attention à une créature non-vivante, si ce n’est pour la détruire, était sans doute révolu.

Sin’Doreï nous fit part de ses visions, sa voix tremblait, nous pouvions percevoir quelle avait été sa terreur, sa peur, à elle qui maintenant ne pouvait perdre la vie… Elle semblait désordonnée, perdue, affolée que les gens autour d’elle ne saisissent pas l’ampleur de l’horreur de ce qu’elle avait vu… Mais si son discours pouvait paraître décousu, nous comprîmes son intention.

Certes celle qui fut des nôtres, aimable et admirable enfant d’Irendille, n’était plus qu’un spectre décharné, hurlant sa douleur et implorant que l’assistance la comprenne et agisse, la suive pour lui donner le pouvoir d’influencer le destin. Nous aurions pu renier cette apparition.

Toutefois, nos cœurs furent émus dès que nous la vîmes et entendîmes ses paroles. Nous sûmes alors que rien ne serait comme avant. Que cette concession là à la lumière vivante allait entraîner des changements dans l’histoire d’Irendille.

Mais jamais notre cœur ne douta que suivre Sin’Doreï était la chose qu’il fallait faire pour notre bien et notre survie, sans concession à nos valeurs première, si ce n’est l’évolution vers des plus hautes sphères de ces mêmes valeurs.


Chapitre 4 de l’évangile de Sin’Doreï

La rencontre sur la Plaine


Il avait donc été décidé que les Elfes Frontaliers, du Cercle d’Or et de l’Aurore Blanche, que les elfes d’Irendille offriraient leur confiance à celle des leurs qui tomba. Toutefois, il fut décidé que nous devions parler directement avec notre sœur elfe afin de sonder son cœur, pour à la fois la rassurer de notre soutien mais aussi lui offrir ce dernier en toute connaissance de cause et en toute confiance.

Nous partîment donc, une douzaine d’Eldars, à la recherche de Sin’Doreï. Même si nos intentions étaient pacifiques, nous étions armés de lames d’argent, seule arme capable de repousser les morts-vivants ou autres zombies que nous savions former la garde de Sin’Doreï.

Aujourd’hui encore, je ne pense pas que la prophète de la Mort, elle qui contrôle les morts-vivants, ait choisi de se faire accompagner par cette macabre escorte afin de causer volontairement du tort à ceux qui voulaient l’approcher. Il se peut qu’âme en peine, tourmentée, elle ne se soit pas rendue compte de la présence de ceux qui étaient attirés par son aura et par, malgré son statut de spectre, la grâce et la beauté qui émanaient d’elle.

Quoi qu’il en soit à ce point, c’est attirés par ses cris stridents, sur une plaine, un soir de pleine lune, que nous trouvâmes Sin’Doreï, escortée de quelques autres spectres. En plus de notre troupe elfique, des humains avaient également été alerté par les gémissements et les complaintes de l’ancienne druide.

Elle flottait sur la plaine, évanescente dans la noirceur, et autour d’elle tombaient les humains qui, pauvres fous, se laissaient surprendre et approcher par des spectres, aspirer leur âme, en oubliant que leurs lames d’argent, si unies, pouvaient, si ce n’est tuer, au moins repousser les esprits éthérés.

Et c’est ainsi que doucement nous approchâmes Sin’Doreï… Il ne nous fallait pas l’effrayer, juste la rassurer, l’inciter à nous en dire plus sur elle et sur ses intentions, sur la voie qu’elle nous demandait de suivre avec elle… Brutalement encerclée, elle ne semblait pas dans les meilleures dispositions pour s’ouvrir à nous.

C’est alors que Feänn lui proposa d’être entourée uniquement d’Eldars. Nous ne venions pas pour la chasser, mais bien pour trouver dans ses paroles la certitude qu’elle était le meilleur chemin. Il fallait faire vibrer en elle ce qui restait de l’Eldar, tenter d’apaiser cette âme si troublée, si troublante et qui pouvait incarner notre salut.

Elle accepta et demanda ce cercle elfique autour d’elle et alors même avant que nul mot ne soit échangé, nous sûmes tous que nous suivrions Sin’Doreï. Est-ce qu’un fragment de sa clairvoyance nous toucha chacun à ce moment-là en plein cœur, je ne saurai le dire, mais nul doute ne subsistait. D’autres parties de cet ouvrage expliqueront la compréhension que nous avons de ce cheminement et de pourquoi, un soir, des Eldars eurent confiance en un spectre. Mais pas un spectre anodin, car elle est Sin’Doreï, celle qui alors était née deux fois.

Nous lui posâmes quelques questions, mais plus pour lui montrer notre envie de communiquer avec elle que pour nous laisser convaincre par elle, car charmés et convaincus, nous l'étions. Elle nous évoqua dans ses mots troublés par une angoisse qu'elle seule pouvait ressentir dans son esprit et dans ses chairs l'urgence de la situation, son désarroi d'être une forme de non-vie, sa recherche de soutien et de pouvoir qui lui permettraient de lutter contre l'apparition des visions qui lui avaient volé sa vie.

Nous la quittâmes sans nul avoir besoin d'autres réponses aux autres questions que nous avions préparées, nos cœurs avaient leur réponse. Dans la noirceur de la plaine, nous avions vu en elle et en nous une Lumière, une autre forme de lumière que celle à laquelle nous étions habitués et dédions nos vies...


Chapitre 5 de l’évangile de Sin’Doreï

La cérémonie


Et sans que cela ne fut dicté par quelconque personne ou guilde, des cérémonies en l’honneur de chacun des six prophètes, dont Sin’Doreï, furent organisés. Le but de chaque peuple était bien de montrer sa confiance envers le prophète qui se montrait le plus digne et le plus représentatif de ses valeurs.

Et des hommes ainsi que des membres d’autres clans, d’autres races, allèrent festoyer, faire ripailles et bombances avec Louis d’Armand, le pestiféré, qui répend sa putréfaction.

Et des hommes ainsi que des membres d’autres clans, d’autres races, allèrent se battre pour faire hurler de bonheur Gruuk, le sorcier orque sanguinaire, qui se complait dans l’odeur du sang et le bruit du métal dans la chair.

Et des hommes ainsi que des membres d’autres clans, d’autres races, allèrent jouer parfois plus que leurs vains solars pour inonder d’encore plus de richesses Halrtahn Tolternoth, l’elfe noir Roi des mers.

Et des hommes ainsi que des membres d’autres clans, d’autres races, prièrent à la gloire de leurs icônes divins devenus vains afin de démultiplier le pouvoir de Vork’Noshk, l’avatar qui communique avec ces dieux…

Et des hommes ainsi que des membres d’autres clans, d’autres races, tentèrent de sauver celui qui redonnait la vie, Jonas Grünshtafen en concoctant une potion demandée par son père.

Et des hommes tentèrent de s’attirer les grâces et la bienveillance de Sin’Doreï, elle la prophète de la mort, qui contrôle ceux qui ne sont plus en vie.

Les cérémonies se multipliaient… Nous, eldars, peuple de grande sagesse qui ne prend pas de décisions dans l’empressement, avions depuis longtemps songé aux différentes voies qui s’offraient à nous… Suivre un prophète pouvait nous prémunir contre de certaines des calamités que Sin’Doreï avait vues lors de sa transe…

Mais qui des eldars aurait suivi un elfe noir même s’il permettait de sauver grande partie de nos terres des inondations ?

Qui des eldars aurait suivi un homme putréfié qui répendait la mort de part sa simple présence ?

Qui des eldars aurait suivi un démon qui ramènerait les religions, foncièrement source potentielle de connaissance mais trop souvent opium corrosif de nombreux peuples de ce monde ?

Qui des eldars aurait suivi un orque, même capable de sauvegarder toute forme de magie de ce monde ?

Nous nous sommes arrêtés un court instant sur Jonas, lui qui redonne la vie, car la vie est un élément fondamental pour nous. Les eldars se sont unis, à un moment, en compagnie des Arrachés, pour lui concocter la potion que demandait son père afin qu’il ne succombe point à sa maladie et puisse continuer à répendre la vie autour de lui.

La voie naturelle pour nous était toutefois de suivre une des nôtres. De nombreuses hésitations, quand au fait de faire confiance à un spectre furent formulés par les certains d’entre nous, qui souhaitent suivre Jonas… Nous nous réunîment à discuter de ce point,de longues nuits et de longs jours, pour en arriver aux conclusions que Sin’Doreï, notre Soeur, avait vaincu la mort pour nous permettre de la contrôler, et alors, au cours de nos discussions, nous en vînmes à comprendre que contrôler la mort était une forme de vie. Dans les évènements qui se produisaient nous pouvions sans doute déjà entrevoir le message qui se dissimulait, tapi derrière une forme non-vivante, forme qu’il nous fallu accepter, ce que nous fîmes dans une certaine forme de clairvoyance sans doute…


Sin’Doreï était revenue de ses souffrances plus puissante, et son sang elfique la désignait comme notre guide… Les bases étaient posées, la mort n’était plus une négation de la vie à nos yeux, elle devenait un moyen de la transcender, tout comme jamais ne brille plus une étoile que dans l’obscurité la plus totale.

D’autres, des hommes, et des êtres d’autres races, décidèrent, de plus en plus nombreux, de céder aux pouvoirs et aux charmes de Sin’Doreï, mais non comme nous principalement pour son origine et le message que nous enseignait son supplice et son retour à une forme spectrale, mais plutôt pour sa capacité de contrôler les morts.

Nous fûmes alors à la fois surpris et à la fois confortés dans l’opinion que nous avons des humains, eux qui préfèrent les fins aux moyens. Alors que nous rejetions une par une les opportunités de se lier à des personnes ayant des pouvoirs tous plus utiles les uns que les autres en raison de la nature même de ces personnes, il semblait que grand nombre des peuples et guildes de ce monde raisonnait en terme de profits immédiats, quitte à bafouer leurs valeurs…

Des minorités refusaient une telle prostitution de leurs principes, mais ils ne furent pas légion.

Il en résultat tout de moins que, même si nous ne retrouvions pas dans les motivations de la majorité, de plus en plus de personnes désiraient suivre Sin’Doreï…

De plus en plus, ils essayaient maladroitement de l’approcher, touchante âme en peine qui avait perdu une partie de ses esprits et dont la seule raison, non de vivre mais d’errer, était une forme de salut offerte aux peuple de ce monde. De plus en plus ils essayaient d’obtenir des faveurs, des renseignements de sa part, des bribes de ses visions…

Une route étaient tracée pour elle, menant vers des foules toujours plus nombreuses, faisant grandir ses pouvoirs et sa puissance à chacun de ses pas, elle si sûre de ses propos mais parfois à l’attitude si perdue, si désespérée…

Il avait été évident pour nous, lorsque nous l’avions vu, la première fois pour écouter son message aux foules, la seconde fois pour l’entourer de lames d’argent, a la fois menaçants et rassurants, afin en savoir plus sur elle et ses desseins, qu’elle était en manque du véritable amour, celui de la lumière qui lie les eldars, celui de la force du sang.

Elle avait été vidée de cette lumière un peu plus à chaque seconde de ses trois lunes de transes. Il était pour nous évident que notre devoir était de lui montrer que même sans vie, même sous forme spectrale, elle n’était pas une âme en peine, elle restait l’une des nôtres et nous étions prêts à unir toutes nos forces pour ramener en elle une forme de raison qui lui avait échappé.

Il nous fallait rassurer cet être à la fois tellement puissant mais aussi fragile, à cause des restes de conscience vivante qu’il devait lui rester et lui faisaient réaliser l’ambiguïté de sa nouvelle nature, elle ancienne druide d’Irendille.

Et comme mue par une force qui la dépassait lors de son parcours prophétique, les pas de Sin’Doreï la menèrent non loin des frontières d’Irendille. Et comme un seul être, nous ressentîmes sa proche présence.

Nous pouvions ressentir son âme en peine, nous entendions ses longues complaintes, un souffle de vie subsistait en elle qui ne demandait qu’à être accueilli sur les terres qui l’avaient vu naître et mourir.

Alors, ne pouvant plus l’attendre et l’entendre souffrir, nous décidâme d’aller cueillir cette fleur trépassée d’Irendille pour l’y recueillir. Un groupe d’eldars du Cercle d’Or, armé cette fois non de lames d’argent mais de fleurs, couru à sa rencontre. Il fallut convaincre Sin’Doreï du bien fondé de nos intentions.

Elrohir s’approcha lentement de la fragile forme et lui parla doucement en ces termes :

- Aya Sin’Doreï, essa amin na Elrohir Telrunya, amin Rindea Lorë condu, Laurelin nolwe. Anar caluva tieliana!

Ce qui signifie dans le langage des hommes :

- Bonjour à toi Sin’Doreï, je me nomme Elrohir Telrunya, je suis le représentant du Cercle d'Or ainsi que de la cité de Laurelin. Que la lumière guide vos pas!!

Par la suite, Edor, frère de Elrohir, vint près de Sin’Doreï lui offrir une fleur d’Irendille, qui aussitôt en contact avec la peau blême de la Prophète s’illumina. Sin’Doreï fut troublée de ce phénomène, et les eldars qui s’étaient approchés pour former une escorte à l’Elfe non-vivante purent tous voir dans ses yeux une lumière, fragile et vacillante s’allumer, fragile et vacillante certes mais persistante depuis ce moment…

Puis Edor, joignit à son offrande ces paroles :

- Sin Dorei, si vous venez en Irendille avec nous, des dizaines de fleurs de la sorte illumineront vos pas.

Un souffle passa alors brusquement sur le groupe, tout bruit cessa, une vague de froid fit frissonner tous ceux qui étaient présents, comme si temps s’était figé…

Puis Sin’Doreï poussa un long soupir, mais non pas une plainte, non pas un des cris déchirants qui lui furent arrachés lors de son supplice et de ses visions, lors de ses longues heures de quête à tenter d’alerter les esprits sur le Mal qui s’annonçait pour les temps futurs, mais plutôt comme une douce libération, comme reprend vie la plante longtemps privée d’eau qu’on arrose, comme reprend vie l’enfant longtemps affamé qui retrouve le sein de sa mère, comme reprend vie le cœur du guerrier au retour des combats à la vue de sa douce et de ses enfants…

Un doux soulagement, la vue d’un chemin moins terrible, le bras offert à qui s’épuise à gravir une montagne de souffrance et de peine… tout cela, Sin’Doreï en entre-aperçut la promesse à travers l’approche des eldars…

Alors d’une voix à peine audible mais assurée, douce mais ferme, Sin'Doreï répondit :

- Alors je vous suivrez en Irendille.

Et ainsi le cortège qui accompagna Sin’Doreï débuta, passant au rythme de la flûte traversière d’Edor qui fermait la marche, défilant impassible et majestueux devant des attroupements et des campements de nombre de races et de guildes qui peuplent notre Monde. Et beaucoup auraient voulu avoir le privilège de s’entretenir avec Sin’Doreï pour s’en assurer le soutien, mais personne n’osa interrompre le cortège, car tous sentaient dans leur cœur que les eldars avaient et auraient à jamais le droit et les liens du sang qui parlaient pour eux.

Sin ‘Doreï aurait pu avoir tous les pouvoirs imaginables en ses mains, ou bien aucun, elle avait toujours été et serait à jamais avant tout, dans la vie comme dans la mort, une enfant, une sœur, une amie pour chaque elfe d’Irendille… Et l’heure du retour dans les Terres Sacrées avait sonné. Nul ne pourrait s’interposer sur le chemin des Elfes, et nul ne s’interposa…

Arrivés aux portes d’Irendille, défendues honorablement et impeccablement par Gliam Elendur et sa garde, devant les arbres majestueux qui formaient l’orée de cette terre sacrée, Sin’Doreï hésita, mais non comme hésitent habituellement les hommes et les autres races devant la majestuosité et le mystère des terres elfiques. D’aucuns supposèrent alors qu’elle se serait peut-être sentie « impure », corrompue par la mort et donc indésirable dans ce royaume de la lumière, de la vie et de la sagesse.

Alors Elrohir reprit la parole : « Entrez en Irendille Sin’Doreï, fleur elfique » et il cria ' » ANAR CALUVA TIELIANA! que la lumière guide vos pas ». Alors mille fleurs éclorent, avec en leurs corolles des lucioles qui éclairèrent chacun des pas de Sin’Doreï. Et à chaque pas elle sentait la compassion, le respect, une forme d’amour et la confiance de ceux qui la regardaient passer pour ensuite la suivre dans son chemin de lumière jusqu’à la plaine des Cérémonies.

Tous les Eldars présents en Irendille étaient là, et ils avaient revêtu leurs plus beaux vêtements, et ils étaient tous majestueux et respectueux… Ils formaient un grand cercle autour de la Plaine des Cérémonie et de l’autel qui reposait depuis toujours en son centre. Un fauteuil avait été placé là, éclairé par les fleurs brillantes qui grimpaient le long de l’autel à quelques mètres…

Alors Sin’Doreï demanda à s’assoir, et Feänn Cantalaca, une torche dans la main, seule source de lumière mise à part celle des fleurs et celles qui semblaient émaner de chaque eldar, l’accompagna au siège proche de l’autel et il prit la parole.

- Bienvenue à Vous, Sin’Doreï, la Prophète de la Mort, bienvenue à Vous, Sin’Doreï, parmi les Vôtres, sur les Terres qui vous ont vu naître, bienvenue chez Vous, bienvenue dans votre famille… Nous sommes honorés de votre venue et désirons à notre tour vous honorer. Ce soir, ce ne sont point des Lames qui sont venues vous accueillir, nous avons bien, je crois, compris ce qui vous accable et nous venons vous offrir à nouveau la joie, le bonheur qui est typique aux êtres elfiques. Nous avons préparé pour vous une œuvre qui je crois saura rallumer en vous une flamme, un hommage qui vous fera plaisir. Iardawen vous lira cette œuvre.

Alors moi, Iardawen Eldaloth, le cœur battant, remplie d'espoir et de ferveur, je pris la parole pour rendre hommage à Sin’ Doreï en ces termes:

Pour l’Elfe de la Prophétie
Aya Sin’Doreï
Bonjour à Toi, fille des Elfes
Ir Imen eldar antale
De venir parmi nous,
nous te remercions
Ton voyage jusqu’en Irendille
Ne fut pas exempt de périls
Ce soir enfin,
tu peux communier parmi les tiens
Ils sont venus t’honorer,
Les fiers guerriers,
Les sages magiciens,
Les habiles forestiers,
Les fins politiciens,
Tous les Eldars,
Du plus simple au plus bizare.
Pour une vision d’Irendille
Par delà l’Océan et les Îles,
Pour Silmaël, Saphian et Adelmaïl
Sur Yulä, le mont de braise
Energie des entrailles de la Terre,
Du haut d’Ostarië,
Tel l’oiseau perché
Tu pourras admirer
La beauté du Narsilion.
Le chant du soleil et de la lune.
Sur la vallée de Laurelin,
Tu pourras étendre ta grâce divine
Et comme la pierre sacrée de l’Ombre Rocher
Nous voyons chez toi,
Caché,
Un Être de Pureté.
Ton âme troublée
Saurat s’appaiser
Dans le calme cristallin de cette Cité.
Jusqu’à Orë, Cœur Brûlant,
Illumination de l’esprit elfique,
Tu auras en nos terres
la chance de retrouver la chaude lumière
Ah que les siècles ont passé,
Notre vie immobile s’étire, s’étire,
Ah que les siècles ont passé,
Ea yukala, eluela Eldar palantir
Uvea Irendille.
Au crépuscule, comme les étoiles,
Les elfes regardent
Au loin l’abondance d’Irendille.
Ils souhaitent présenter cette beauté
Et espérer ton amitié Sin’Doreï.
Viens parmi les tiens
réchauffer ton cœur
Reviens marcher dans le bonheur
L’espoir n’est pas mort,
L’espoir vit encore !
Elen sila lumeni Omentielvo


Au rythme des mots, nous pouvions tous voir sur le visage de Sin’Doreï des voiles se dissiper, des barrières doucement s’abaisser, des peurs s’envoler… La lune aurait brillé plus et de l'assistance ne se serait dégagé une vaporeuse aura de lumière, peut-être aurions pu discerner la larme qui roula sur sa joue...

Une fois que j’eu fini, Sin’Doreï prit la parole, et déjà elle n’était non plus ténébreuse, mais redevenait belle comme l’aurore:

- Vous parlez bien ma sœur, et vos paroles sont sages.

Alors s’éleva dans la forêt d’Irendille une douce et mélancolique complainte, hommage et deuil d’une vie passée, rythme joué à la flûte traversière par Elrohir. Les notes qui sortaient du fin tube d’argent montaient et dansaient dans les feuilles des cimes comme y perlent et roulent les gouttes de rosée.

Puis Azur enchaîna avec le même instrument avec une mélodie toujours gracieuse mais cette fois enjouée et vivante, hommage au retour de la forme de vie qui s’opérait, palpable bien qu’invisible, sous nos yeux. Valandil le rejoignit au tambour et Eöl, transcendé par la musique, dansa pour tous au milieu de la plaine, autour de l’autel. La vie revenait, et dans tout Irendille nul être vivant ne pouvait l'ignorer...

Lorsque cessa la musique, Sin’Doreï demanda alors à entendre des légendes sur ces lieux qui l’avaient vue grandir, légendes contées par ceux qu’elle reconnaissait comme les siens… Nous pouvions voir que des bribes de souvenirs de son ancienne vie lui revenaient par fragments, et se lisaient dans es yeux une timide mais vivace envie de nous redécouvrir, de redécouvrir le Beau Peuple, son Peuple...

Alors Zeel Twack prit la parole pour nous conter à tous le Duo:

"Parmi les elfes comme parmi les hommes, des êtres de grande qualité furent acclamés. Ce sont des noms qui resteront à tout jamais gravés dans le cœur de ceux qui les ont connus et qui resteront des symboles pour ces peuples perdus. Ceci raconte la véritable histoire de Saphian et d’Adëlmaril, deux elfes aux exploits mémorables.

Lors d’un temps suffisamment lointain pour que seul le souvenir persiste, naquit un elfe qui fut nommé Adëlmaril. Il était le fils d’Yutklauder, un sage qui dirigeait la ville d’Emon-Wetgig, l’oeil-au-aguet. Déjà tout jeune, Adëlmaril se passionna pour le savoir sous toutes ses formes. Il aimait apprendre seulement pour la beauté des connaissances. Il n’aimait guère se servir de ses connaissances acquises car il en cherchait toujours de nouvelles. La légende raconte aussi qu’encore tout jeune, Adëlmaril appris à nommer les jours sans qu’on lui en dise un mot et qu’il parla avant même que l’on le lui enseigne. Plus vieux, ayant atteint une maîtrise certaine en plusieurs choses, il enseignait aux maîtres le fruit de ses propres réflexions. À l’âge très jeune de seulement 30 cycles, il parti méditer sur les aspects du savoir elfique. Il est dit qu’il s’installa en pleine forêt pour réfléchir et s’introspecter.

Lors de son cloître, la ville connue des temps de paix et de richesse mémorable. Yutklauder dirigeait la ville d’une main de dentelle et elle prospéra comme jamais une ville elfe ne l’avait fait. C’est sous ce règne que naquit la belle Saphian. Elle était la fille de Nimil le grand danseur de guerre et de Witful la plus jolie citadine d’Emon-Wetgig. Elle grandit et démontra un esprit vif et une agilité surprenante même pour une elfe. Son père lui enseigna son art avant de repartir avec Witful pour la grande cité d’où il était venu. Or, un jour la jeune Saphian eu 20 cycles et ayant entendu parler d’Adëlmaril, elle décida de le rencontrer.

Vers un ermitage, loin au plus profonds des bois, une elfe s’aventura. Elle n’avait pas peur des recommandations paternelles sur les orques et autres démons. Lorsqu’elle approcha du domaine secret de l’elfe, elle ne vit rien qui puisse l’orienter. Pourtant, Adëlmaril savait très bien les intentions et la position exacte de la jeune aventureuse. Il choisit donc de la laisser le rencontrer. Sa fraîcheur et sa vivacité lui plurent tout de suite alors qu’elle fut séduite par la grande sagesse de l’elfe solitaire. Ils restèrent donc tous deux à l’ermitage, l’un apprenant de l’autre. Il lui enseigna la subtilité des choses alors qu’elle lui montra comment passer à l’action. C’est ainsi que naquit le duo d’Adëlmaril et de Saphian. L’un appris à ce battre et à utiliser ses connaissances efficacement et l’autre, sachant se battre, appris les secrets et astuces d’un sage parmi les sages. Ils vécurent ainsi de longs et paisibles cycles.

Un soir, sentant le danger Adëlmaril décida d’aller à la ville de son père pour le prévenir d’un grand malheur. En chemin, ils sentirent l’odeur du feu et du sang. Ils arrivèrent et prévinrent les leurs puis organisèrent des défenses. Le pont fut détruit sur les ordres d’Adëlmaril afin que nulle armée ne puisse assiéger dignement la ville. Leur attente ne fut pas longue avant qu’un messager, à demi trépassé, ne vienne confirmer leurs tourments. Les légions de la noirceur cheminaient vers leur petite ville frontalière. Déjà deux havres de détruit et un petit village en ruine. Le messager leur dit de plus que les orques n’étaient plus aussi stupides et maladroits qu’autrefois et qu’en plus il fallait se méfier d’attaques venant des cieux. Alors, comme autres préparatifs, Adëlmaril déguisa les contours de la ville et disposa de nombreux engins insolites. Il prévint les elfes de n’en point toucher un seul au risque de leur vie. Il édifia de plus avec l’aide de quelques elfes un barrage amovible à la source de la rivière. De son coté, Saphian arma les elfes et leur enseigna quelques tours appris de son père. Lorsque les meutes furent en vue, toutes les âmes d’Emon-Wetgig étaient en alerte.

Les maîtres des ténèbres se doutaient que les elfes s’organiseraient après leur maigre démonstration de force sur des sites esseulés. Néanmoins, ils envoyèrent sans hésitation leurs armées à l’assaut. Ils se savaient cent fois plus nombreux et sous peu avec de nouveaux arrivages, mille fois plus nombreux. La défaite ne faisait pas partie de leur plan. Ils allaient écraser cette petite ville puis toutes celles moins bien situées qui se cachaient plus loin derrière. Ils allaient perdre des créatures et en perdre encore pour assouvir leur vengeance...

La première vague d’assaillants se heurta à une pluie de flèches. Les ténébreux choisir donc d’envoyer des bêtes en armures complète portant de lourds boucliers. Ils s’approchèrent du lit asséché de la rivière qu’ils traversèrent sans se soucier le moindrement de l’avalanche mortelle des dards elfiques. Voyant cela, Adëlmaril fit ouvrir le barrage juste à temps pour voir s’engloutir près de mille combattants dans des flots rugissants qu’on avait trop longtemps retenus. Voyant leurs armées malmenées par les elfes, les ténébreux envoyèrent l’élite de leur troupe terrestre et un détachement d’hommes-reptiles aillés. Ceux-ci étaient imperméables aux flèches et passèrent au-dessus de la rivière. Cependant qu’au sol, de valeureux trancheurs de têtes traversèrent la rivière tant bien que mal. De l’autre coté, Saphian et sa troupe les accueillirent dignement en offrant leurs entrailles à la terre d’une volonté dure comme le fil de leurs épées. En cette nuit sombre, sur la terre du bonheur des elfes, du sang coula. Plus de celui des bêtes immondes mais aussi de beaucoup d’elfes. Les hommes lézards, du haut du ciel laissèrent tomber des boules de feu sur les elfes en replis. Ils ne le firent que peu de temps car sortant de nul part et de partout à la fois, des explosions vinrent rejoindre les créatures aériennes dans leur domaine. La lumière du jour revint pendant quelque instant pour ensuite ne laisser dans le ciel que des nuages de fumée opaque. À la suite de ce coup d’éclat orchestré par Adëlmaril, les troupes démoniaques se replièrent et la ville fut épargnée.

Suite à ce revirement de situation, les maîtres des ténèbres choisirent de reconsidérer leur invasion pour trouver une façon plus efficace de combattre les elfes. C’est ainsi que grâce à une poignée d’elfes et à l’intervention du duo qu’aujourd’hui encore les elfes inspirent une grande peur aux orques dans toutes les contrées."

Sin'Doreï écouta, attentive, la voix et le conte de Zeel... La lune aurait brillé plus et de l'assistance ne se serait dégagé une vaporeuse aura de lumière, peut-être aurions pu discerner dans ses traits évanescents le retour d'une manifestation de fierté d'appartenir à un peuple ou chaque jour des héros naissent et vivent...

Un moment passa, puis elle murmura un mot... :

"Yresse"

Et elle demanda à en savoir plus à propos de ce qui n'était pour elle sans doute qu'un vague souvenir... Et même si cette histoire est connue de nombre d'elfes, qu'elle ne s'en souvienne que du nom ne nous inquiéta pas, car ce souvenir, même infime, existait, refaisait surface...

Alors Aléanir, pris la parole pour raconter la Quête du Bâton d’Yresse.

Suite à ce long récit, les eldars se mirent à danser au son des tambours et des flûtes. Sin’Doreï était là, parmi nous, ne disant rien, les yeux mi-clos… Son esprit revenait vers nous, la chaleur revenait, la vie revenait… Nous ne le savions pas encore mais nous le percevions sans doute au fond de nous, et cela donnait encore plus de ferveur aux danseurs, de profondeurs aux sons sourds des percussions, de légèreté dans les sons cristallins de flûtes et de joie dans le cœur de tout ceux qui étaient présents lors de cette magnifique nuit d’été étoilée…


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