Je vais donc prendre la liberté de prendre la parole contre certaines idées, pour le bien de celles-ci. L'école Stoïque n'en sortira que plus forte de l'épreuve, ainsi que cette lecture de l'Haeresis.
Un aspect fondamental a été oublié de la définition originale de l'Haeresis, aspect qu'il est normal d'oublier lorsqu'on ne regarde que l'apparence du mouvement. Il est vrai qu'une haeresis consiste en un groupe défini de personnes défendant une doctrine particulière. Cependant, le groupe ne se définit pas seulement par sa représentation théorique de la réalité, mais sa mise en pratique concrète des idées qu'elle soutient. Ainsi, chaque Haeresis consiste plutôt en une manière de vivre ET une justification de cette manière de vivre, qui peut être plus ou moins théorique, selon les Voies envisagées. La seule constante est cette double face : la vie confronté au discours. Chaque Haeresis présente et défend donc publiquement sa manière de vivre. La théorisation est seconde à l'éthique. Ainsi, les Haeresiens ne sont pas forcément des intellectuels, mais des êtres pensant leur vie pour en saisir le sens.
Maintenant, « la croyance c'est le pouvoir ».
Certes, certains Haeresiens croient dans la pensée magique, fameux secret qu'ils croient détenir.

Ce n'est pas le cas de tous. Je me permet une lecture qui m'apparaît plus sensée du fondement de notre mouvement.
En tant que mortels, nous nous voyons devenir, changer, transformer, d'un état larvaire et innocent vers une fin fondamentale. Plus notre conscience s'éveille, plus notre volonté entend contrôler notre développement, notre changement. L'orientation de celle-ci suit une certaine Idée de notre personne, idée que nous cherchons à réaliser à travers ce que nous devenons. Plus l'Idée est forte, plus elle se réalise avec force. Ainsi, « la croyance c'est le pouvoir » entendu comme la capacité à agir s'une une réalité changeante et transformable.
En tant que mortels nous nous éveillons à un mode qui, comme nous, devient, change, se transforme. Nous y voyons le fruit de volontés indépendantes alors qu'elles ne sont que la projection de notre propre volonté. Encore une fois, notre représentation des choses définit la puissance de notre volonté sur cette réalité. Les Haeresiens explorent les rapports entre nos représentations des choses et la puissance qu'elles libèrent.
Nous avons ainsi constaté combien les dieux sont le fruit de représentations illusoires nous dépouillant de notre véritable puissance sur la réalité, puissance inscrite au coeur de chaque mortel. Nous cherchons donc à explorer le potentiel des mortels entre mortels, par la discussion et la confrontation des représentations, dans le but de libérer la puissance originelle et fondamentale des mortels.
Ceci peut être dit comme la base de l'Haeresis.
Personnellement, je crois qu'un mensonge partagé par tous demeure un mensonge, mais qu'un mensonge peut avoir un impact important sur la réalité. C'est pourquoi je crois qu'il faille abattre tout mensonge et toute illusion. Ceux-ci se nourrissent des peurs et espoirs. Ma voie est la vie sans peur ni espoir, s'émerveillant du cadavre de son propre ego. Cette voie ne peut être imposée ; elle doit venir d'une réalisation personnelle. C'est pourquoi cette voie est celle des Transcendeurs. Nous acceptons la mort comme le véritable test. Personnellement, je suis généreux : je teste ceux qui veulent me tester. Ceux qui échouent reviendront jusqu'à ce qu'ils se transcendent. On pourrait aussi nous appeler les Fossoyeurs car nous prenons soin de la mort.
Que sont les dieux? Le fruit de peurs et espoirs. Il faut les guider vers leur fin, qu'ils doivent eux-mêmes réaliser. Ils refusent leur mortalité.